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Oeil du viseur #11 : William Daniels, Mélenchon et un coup de coeur des internautes de l’Oeil du viseur

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Le meilleur de l’Oeil du viseur #1

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Au boulot !

Comme vous avez pu le constater, il a été difficile, voire impossible de mettre en ligne notre reportage à Haïti au jour le jour.

Au fin fond de la campagne haïtienne, difficile de trouver une connexion internet. Ajoutez aussi quelques petits imprévus (notamment un retour galère à cause du volcan islandais) et ce blog aura été à l’abandon durant trois semaines !

Mais notre voyage a été riche de rencontres !

Pour vous les faire partager, on va mettre en ligne sur ce même blog dans les jours qui viennent des photos, des vidéos, bref, notre carnet de voyage multimédia.

Nous mettrons également en ligne les coulisses de la préparation de notre livre Haïti, les routes de l’exode, rassemblant texte et photos depuis 2007, à paraitre aux Editions de Juillet (si vous voulez être tenus au courant de sa sortie, il suffit de cliquer ici).

Enfin, une nouvelle version actualisé de notre web-reportage “les routes de la faim” que nous avions réalisé l’an dernier (voir ici) devrait voir le jour…

A suivre et au plaisir d’échanger avec vous

(Vidéo : marins-pêcheurs sur l’île de la Tortue, dans le Nord d’Haïti)

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Le Blanc qui s’achetait du plaisir en Haïti

Le premier blanc que nous avons rencontré à Jacmel ne faisait de mal à personne. Sur le wharf (port) de Jacmel, ce sud-africain costaud était missionné par une ONG religieuse. Il a planté sa tente à côté du quai où il passe ses journées. Il est là depuis trois semaines : il a, nous dit-il, de grands projets pour Jacmel, notamment la construction d’un hôpital. Mais personne ici, même pas l’ONU, ne sait vraiment ce qu’il fait là.

Le second blanc que nous avons rencontré avait des motivations bien plus dégueulasses.


4 euros la passe

Plantons le décor. La plage de Jacmel, fin d’après-midi, sous un soleil encore écrasant. Nous buvons une Prestige, la bière locale brassée à Port-au-Prince. Pour profiter d’un minuscule carré d’ombre, nous sommes obligés de nous installer juste à côté de la table voisine.

Et la scène qui s’y joue va virer au très glauque.

Un homme, un Canadien, est attablé avec une jeune haïtienne à qui il a offert une bière. A quelques mètres, un homme haïtien. Le Canadien a la cinquantaine bien passée, les cheveux grisonnants, sa chemise à fleurs largement ouverte, poitrail velu. Un « vieux beau » comme l’on dit. La jeune fille a 17 ans. A son regard, empreint de gêne, de dégoût et de tristesse, on comprend très vite qu’elle n’a pas son mot à dire et qu’elle préfèrerait mille fois être ailleurs.

Et durant de longues minutes glaçantes, on écoute l’homme négocier avec son mac haïtien, assis juste à côté, les faveurs de cette jeune fille. Le Canadien, sans jamais lui adresser un mot, pose à plusieurs reprises sa main sur la cuisse de la jeune fille, puis revient aux négociations avec l’homme haïtien. Le prix, qui longtemps butait à 250 gourdes la passe (5 euros) s’achèvera finalement à 200 gourdes (4 euros).

Ecoeurant !


“Ma façon d’aider Haïti” 

Interloqués, nous décidons d’aller dire ses quatre vérités à l’homme. Avec une envie assez irrépressible de lui casser la gueule.

On s’approche de sa table.

- Bonjour, nous sommes journalistes français, nous réalisons un article sur le tourisme sexuel. Est-ce que nous pouvons vous poser quelques questions ?
- Bien-sûr, asseyez-vous.
- Alors, qu’est-ce que cela vous fait de payer 4 euros pour coucher avec une jeune fille mineure ?
- (lui pas gêné) C’est pour aider le pays. En général, je viens tous les ans. J’aime beaucoup ce pays.
- Qu’est-ce qui vous attire dans les jeunes haïtiennes ?
- Elles sont douces et pleine d’amour. Sexuellement, pas très expertes, mais très tendres.
- Mais jamais, une seule seconde, vous n’avez l’impression de profiter de la misère de ces gens ?
- Ah, mais j’ai donné pratiquement 1000 dollars depuis que je suis ici.
- Vous êtes un bienfaiteur, alors (ironie) ?
- J’essaye, j’essaye. Et croyez-le ou pas, je n’ai pas demandé de déduction d’impôt pour mes dons alors que j’y aurais droit.

La discussion a continué ainsi pendant un quart d’heure. L’aplomb de l’homme et sa capacité à assumer nous a complètement sciés en deux. Et la colère a laissé la place à l’impuissance.

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Jacmel à l’heure de la reconstruction

Première escale de notre reportage à Haïti à Jacmel, à 70 kilomètres au sud de Port-au-Prince

Nichée dans une baie aux allures de carte postale, Jacmel a longtemps été le joyau d’Haïti. Avec ses jolies maisons colorées, cette petite ville de bord de mer était devenue le lieu de villégiature des expatriés en Haïti, qui trouvaient là un peu de quiétude pour s’affranchir de l’agitation étouffante de Port-au-Prince.

Ici aussi, le séisme a frappé. Le 12 janvier, Yves, dit Teck-Teck, était au bord de la mer au moment du tremblement de terre. D’un coup d’un seul, raconte-t-il, la baie s’est asséchée sur plusieurs centaines de mètres. Et d’un coup, l’eau est revenue sur le rivage à toute vitesse et les gens ont couru s’abriter dans les hauteurs.

Dans les rue de la ville, certaines maisons sont bien sûr détruites, d’autres si fissurées qu’elles n’attendent plus qu’un écroulement salvateur. Entre deux bâtisses à terre, une improbable Eglise du Rocher a survécu aux secousses.


 le temps des brouettes

Mais le visage de la ville ne ressemble pas au champ de ruines de Port-au-Prince. Il reste bien évidemment des centaines d’habitants qui vivent sous les tentes. Beaucoup de sinistrés de Port-au-Prince sont revenus ici. Sur le haut de la ville, c’est le terrain d’une école qui a été réquisitionné pour les réfugiés. Cependant, trois mois après, l’heure n’est plus à la stupeur, mais à la reconstruction. S’il y a un métier qui ne connaît pas la crise, c’est bien celui de fabricant de brouettes !

La vie a repris ses droits. Dans les hauteurs, nous retrouvons la maison de la petite Elisabeth et de sa mère Michelle. Cette fillette de trois mois a été sauvée par une équipe de pompiers français, après être restée 8 jours coincée entre deux dalles de béton. Une miraculée. Elle est aujourd’hui en bonne santé.


“les démons venus de la terre” 

A écouter les habitants, le traumatisme semble d’ailleurs presque davantage psychologique. Et à Haïti, c’est bien souvent la religion, notamment les innombrables églises évangéliques et pentecôtistes, qui fait office de « cellule de soutien ». A l’église indépendante Saint l’Éternel, à côté du port, c’est l’heure de l’office.  Près d’une centaine de personnes, des femmes pour la plupart, bras levés ou prosternées à terre, répondent aux incantations en créole du pasteur : « Merci Dieu de nous avoir protégés des démons du mal venus de la terre », peut-on entendre.

Le pasteur Carlos n’hésite d’ailleurs pas à justifier l’existence du tremblement de terre, à la lecture des psaumes de la Bible. Tout était écrit : « la fin du monde est proche, l’accumulation des catastrophes récentes (Haïti, Chili, crise économique…) en est la preuve irréfutable. »

« Depuis le tremblement, les fidèles viennent plus nombreux, toujours plus
nombreux », explique-t-il. Un pasteur d’une église marraine est venu des États-Unis pour faire des guérisons auprès des victimes. Et si possible éloigner de Jacmel l’esprit du Malin…

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Lecteurs : comment nous soutenir

Dans le monde du journalisme, on l’appelle la loi du “mort-kilomètre” : plus ca se passe loin, moins ça intéresse le lecteur ! 

Si Haïti a fait la Une ces dernières semaines de tous les journaux et de toutes les télévisions, il ne faut pas oublier que l’actualité de ce petit pays n’intéressait absolument personne avant le 12 janvier 2010. 

A chaque retour de reportage en 2007 et 2008, il nous aura fallu nous battre pour voir nos reportages publiés : certains rédacteurs en chef confondaient même allègrement Haïti et Tahiti (véridique !). 

Sur ce blog, plusieurs personnes, nous ont demandé comment nous avions pu financer notre travail à Haïti. Certes, plusieurs de nos sujets ont été publiés dans la presse (1) et rémunérés. Mais, au total, il est évident que ces reportages nous ont davantage coûté que rapporté. 

Mais le “prix” et “l’énergie dépensée” en valaient largement la peine !

Comment nous aider ?


Si vous, lecteurs de ce blog, avez trouvé de l’intérêt et de la valeur à notre travail, si vous avez aimé nous suivre dans nos précédents reportages ; si nos textes, nos photos, notre webdocumentaire vous ont émus et vous ont permis de mieux comprendre la situation d’Haïti, notamment au moment du séisme, il y a un moyen tout simple de nous aider : un petit don.

Ces 5, 10, 20 euros (et plus…) nous permettront de rembourser une partie des frais que nous allons devoir dépenser pour ce reportage (2).

Pour cela, deux méthodes.

Le plus simple est de le faire par carte bancaire via un site sécurisé (Paypal), en cliquant juste en bas (cliquer en bas à gauche sur CONTINUER).

Sinon, vous pouvez simplement nous envoyer un chèque par la Poste à Jean Abbiateci, 22 bd Oscar Leroux, 35200 Rennes (3).

Merci d’avance.

(1) A quelques exceptions près, un reportage publié dans la presse va être payé, en moyenne, entre 200 et 800 euros (pour les plus longs). 

(2) A titre d’exemple, en 2008, nous avions dépensé 1600 euros par personne (avion, hébergement, nourriture…) pour trois semaines de reportage.

(3) J’encaisse mais je partage évidemment avec mon confrère !

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Haïti : le web-reportage continue…

Du 29 mars au 18 avril, Julien et moi-même partons à nouveau ensemble en reportage à Haïti.

En janvier 2007, jeunes journalistes, nous débarquions tous les deux à Port-au-Prince. Nous étions tombés immédiatement sous le charme de ce pays anarchique, bordélique, foisonnant, passionnant, attachant. En 2008, suite aux émeutes et aux tempêtes, nous sommes revenus pour un long reportage sur la route de la faim.

Nous avons essayé, sur ce blog, dans nos articles et dans nos photos, de raconter ce pays comme nous l’avions découvert. Sans fard sur la misère mais sans misérabilisme.

Porté par la même envie et la même philosophie, ce troisième voyage à Haïti sera forcément un peu particulier, en raison du séisme meurtrier qui a frappé ce pays.

Notre fil rouge


Deux mois après le drame, que sont devenus tous les habitants qui ont choisi de quitter la capitale ? Beaucoup d’entre eux ont fui Port-au-Prince pour la province ou vers l’étranger. Mais comment reconstruire un pays quand les habitants n’ont qu’un désir : l’exode.

Pour répondre à cette question, nous irons d’abord dans le sud-ouest du pays : les campagnes haïtiennes ont vu déferler des milliers de réfugiés après le séisme. Puis, nous nous rendrons dans le nord du pays, à Port-de-Paix et sur l’Île de la Tortue d’où partent les boat people vers les Bahamas et la Floride. Enfin, nous nous rendrons dans les îles voisines de Turks et Caïcos (Bahamas) où vit une importante diaspora haïtienne clandestine.

Comme lors de notre reportage précédent, vous pourrez nous suivre au jour le jour via ce blog de reportage. Nous essayerons avec nos mots et nos photos de vous faire partager nos rencontres.

A noter enfin qu’un livre « Haïti, les routes de l’exode », rassemblant texte et photos va sortir à la rentrée 2010 aux Editions de Juillet Si vous voulez être tenus au courant de sa sortie, il suffit de cliquer ici.

PS : pour ceux qui ne connaissent pas ce blog, vous pouvez retrouver ici :

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Port-au-Prince, janvier 2010 (photos : Julien TACK)

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[ Web-reportage multimédia ]

POUR VOIR LE REPORTAGE, CLIQUEZ ICI.

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Le reportage de 4 pages + photos est paru ce matin dans Témoignage Chrétien.

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Reportage à venir…

Signé (façon de parler), un grand reportage de 15 000 signes (4 pages) à paraître dans l’hebdomadaire Témoignage Chrétien courant février ! De si grands formats dans la presse, c’est TRÈS TRÈS TRÈS rare, encore plus pour des journalistes indépendants ; ce qui veut dire que je suis TRÈS TRÈS TRÈS content de ne pas avoir à condenser trois semaines de rencontres humaines en un quart de page.

L’article devrait reprendre notre fil rouge sur l’exode rural, démarrant à Cité Simbie pour finir aux Gonaïves, en passant par Cité L’Eternel et le marché de la Croix-des-Bossales.

Bon, reste plus qu’à se coller à l’écriture. Y a du boulot !

PS : pour ceux qui sont intéressés par les “coulisses” d’une publication, voici le synopsis que j’avais proposé. Un synopsis, c’est simplement un résumé du reportage, un canevas de départ pour “appâter” l’intérêt d’une rédaction. Celui-ci est ensuite discuté, modifié et ajusté avec le rédacteur en chef du canard, à la fois pour coller aux contraintes de place du journal et à la ligne éditoriale.

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« Cher confrère, je vous remercie de vos propositions mais il n’y a pas assez d’actu en ce moment sur Haïti. C’est passionnant mais très magazine. »
Réponse - assez classique - reçue d’une rédactrice en chef. Rappelons que celle-ci fait quand même partie des 25 % des rédacteurs en chef les plus sympas qui prennent la peine de répondre aux propositions.

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Un dernier (portfolio) pour la route…

Voici un petit porfolio noir & blanc. Histoire de clore ce web-reportage sur des sourires, plutôt que sur la misère des bidonvilles…

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