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« Un milliard de personnes vivent aujourd’hui
dans des bidonvilles »
ONU, 2008
« Les émeutes de la faim n’étaient qu’un avertissement, c’est un krach alimentaire qui menace »
UN ECONOMISTE DE LA FAO
Haïti. Grande à peine comme la région Bretagne, cette moitié d’île des Caraïbes semble cristalliser tous les malheurs du monde. Au printemps, c’est ici que les émeutes de la faim ont éclaté. En septembre, les ouragans et les tempêtes ont dévasté le centre du pays. Il y a quelques semaines, les projecteurs se sont braqués sur l’effondrement de deux écoles de la capitale Port-au-Prince.
L’EXODE RURAL
Mais ces évènements ne sont que les conséquences dramatiques d’un phénomène plus général et moins médiatisé : l’exode rural massif de milliers de paysans haïtiens vers la capitale Port-au-Prince et ses 350 bidonvilles. Si les émeutes de la faim ont été si violentes, c’est que le pays ne produit que 20 % de son alimentation. Si les tempêtes ont fait tant de victimes, c’est que les villes n’arrivent plus à absorber le flot de migrants qui empruntent chaque année la route des bidonvilles. Si les écoles s’effondrent, c’est qu’il n’y a plus de place pour des terrains constructibles sécurisés.
LE CONTEXTE
A Haïti, les paysans n’ont plus les moyens de vivre de leur culture. En cause : le manque de formation agronomique associé aux catastrophes climatique (les tempêtes) écologique (la déforestation) et sanitaire (la maladie de la paille noire). Mais pour beaucoup d’ONG haïtiennes, les raisons de cet exode rural sont également politiques, dans une économie joliment qualifiée de « têt anba ». Au lieu d’enclencher une réforme agraire indispensable, les gouvernements soutenus par les instances internationales, se sont lancés dans une course au libéralisme, avec la construction d’usines d’assemblage et de zones franches. Résultats, les paysans ont délaissé les champs. Si certains ont préféré vendre leur force de travail aux cultivateurs dominicains, la plupart sont allés gonfler le flot humain des bidonvilles.
Pour comprendre ce phénomène de fond, notre projet est de remonter cette route de la faim depuis Port-au-Prince jusque dans les campagnes haïtiennes du nord du pays. Eviter les grands discours misérabilistes et essayer de montrer cette réalité au plus près.
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Ce blog est un carnet de route. Nous allons essayer de tenir au jour le jour, en image, en texte, en son, le récit de ces 3 semaines à Haïti.

