La fracture d’électricité
JOURNAL DE ROUTE. Pour le visiteur qui arrive en avion à la tombée de la nuit en survolant le nord de la ville, notamment les bidonvilles de Cité Soleil et du Bel Air, la scène est quasi surréaliste : des milliers de lueurs de braseros qui éclairent la ville faute d’électricité. Car les habitants de Port-au-Prince, pour ceux qui y sont raccordés (souvent avec des branchement à faire cauchemarder un électricien occidental), jouissent d’une électricité à courant “alternatif” : ici, les coupures de jus sont quotidiennes. Il faut dire que la ville possède deux centrales à bout de souffle. Les hôtels huppés ou les Haïtiens plus fortunés possèdent donc tous une génératrice à essence. Bref, la fracture électrique à Haïti est également sociale. Mais la répartition du courant dans la ville a parfois des raisons plus politiques. Sous Aristide, le bidonville de Cité-Soleil, qui l’avait toujours soutenu politiquement notamment lors de son départ forcé, était l’un des très rares quartiers de la capitale à jouir d’une électricité jour et nuit.


